PÊCHE À VUE #1

Résidence Nature In Solidum, Jeurre, 2019

Enquête,
Bleu couleur conventionnelle de l’eau? vert et or simples taches ? Épuisette ou passoire de ménagère ? Ce fut la façon de répondre de Baptiste Carluy, artiste peintre, au sujet posé en 2019, lors de sa résidence d’artiste à Jeurre: les pollutions de la Bienne.

Le bleu rappelle l’eau bien sûr, un poisson en filigrane le confirme, mais attention il ne s’agit que d’une représentation mentale, le reste de la toile dévoile tout autre chose...

Quelques tâches vertes se dispersent dans un cercle noir, et alors ? Pour celui qui connaît la Bienne, cette épuisette- passoire a capturé ces algues vertes qui envahissent le fond de la rivière lors des étiages, phénomène visible de l’eutrophisation. Qu’à cela ne tienne, Baptiste Carluy les a ramassées, pressées, et d’autres choses encore, pour obtenir ce vert immédiatement introduit dans sa palette.

Et l’or, eh bien ce n’en est pas, mais l’épuisette a aussi cueilli des restes d’insectes, des pyrales par exemple, repoussantes normalement, qui au lieu de déplaire et de dégoûter deviennent juste les touches de couleur qui donnent de la profondeur à la composition.

À bien y regarder, on perçoit les mailles de l’épuisette- passoire, elles sont à peine visibles mais sont un signe qui caractérise l’artiste-peintre aussi pêcheur à la ligne. Les mailles de filets sont récurrentes dans ses toiles, qu’elles soient métalliques ou en fibres naturelles, à gros trous ou très serrées.

Ainsi, en quelques touches, quelques formes, le sujet à priori peu attirant pour un peintre devient matière à re- garder, à commenter et à réfléchir.

Sylvie Corazzini 

Maire de Jeurre

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